Citations : Poésie
La poésie ici se présente comme un laboratoire d’expériences humaines : un lieu où l’on ose, échoue, recommence et où le courage se paie en tentatives. Les textes rassemblés vont de la quête claire d’un Boileau au refus de renoncer de Beckett, en passant par la mystique douce de Rûmî ; ils scrutent la relation entre l’expression nette et les zones d’ombre qui résistent au langage.
La question qui traverse ces voix est simple et vive : comment dire l’indicible sans trahir ce que l’on ressent ? Ce thème invite à mesurer la tension entre clarté et mystère, action et échec, identité et ouverture au monde.
6 citations sur ce thème, chacune avec sa source et son éclairage
Les citations
« Suis-je le seul à échouer, en paroles comme en actes ? Pourquoi, tous les hommes s’efforcent-ils et qui réussit ? »
Source : The Last Ride Together, 1855 · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase figure clairement dans le poème The Last Ride Together (1855) de Robert Browning, c’est un vers du texte.
Cette phrase transforme une blessure amoureuse en méditation universelle : Browning montre que l’effort humain est commun et que la réussite n’est jamais assurée. Dans le poème « The Last Ride Together » (1855), la question rhétorique élargit une défaite personnelle en vérité partagée, offrant une consolation stoïque et une dignité à l’acharnement lui‑même.
« La fortune sourit aux audacieux. »
Source : Énéide · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La formule provient de l’Énéide de Virgile et, dans le poème, elle est prononcée par le personnage Turnus, pas par le narrateur.
- Ce qui reste incertain
- La version anglaise courante est une normalisation traduisant le latin ; plusieurs formes latines proches circulent dans la tradition.
Phrase née dans un cri de bataille : elle affirme que l’initiative audacieuse attire la faveur de la déesse Fortuna. Chez Virgile, ce n’est pas un conseil de développement personnel mais un encouragement guerrier prononcé dans une scène dramatique. La formule est devenue un proverbe universel.
« Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essayer encore. Échouer encore. Échouer mieux. »
Source : Worstward Ho (1983) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La formule figure dans le texte de prose tardif Worstward Ho de Samuel Beckett, publié en 1983.
Cette phrase incarne l'esthétique de Beckett : la persistance dans un langage réduit et sans illusions. Dans Worstward Ho (1983) elle fonctionne comme principe artistique — l'échec n'est pas une faute à éviter mais la condition même de l'œuvre et de l'effort.
« Il y a des choses connues et des choses inconnues, et entre les deux, il y a des portes. »
Source : aucune œuvre précise n’est documentée · Vérifier la source
Attribution discutéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- Les vérifications n'ont trouvé aucune occurrence de cette formulation chez Blake ; des chercheurs la relient à une citation de Ray Manzarek publiée vers 1967.
- Ce qui reste incertain
- La phrase a été largement attribuée à Blake parce qu'elle rappelle sa formule «doors of perception», mais la provenance réelle reste moderne et contestée.
Cette phrase joue sur l’image des « portes » pour décrire la frontière entre savoir et ignorance ; elle évoque la perception comme passage vers l'inconnu. Ce libellé précis n'est pas retrouvé chez Blake : il a été rapproché de sa formule authentique sur «les portes de la perception», d'où la confusion.
« Laissez-moi être moi-même, c’est la seule façon que je connaisse. »
Source : Let Me Be Me, refrain (paroles) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La ligne figure comme refrain de la chanson « Let Me Be Me » dans la transcription des paroles (ex. Genius), confirmant que Kendrick Lamar en est l'auteur.
La phrase affirme que l'authenticité est non négociable : être soi n'est pas un caprice mais une manière de vivre et de créer. Elle vient du refrain de la chanson « Let Me Be Me », où la répétition transforme la revendication personnelle en cri collectif. En contexte hip-hop, c'est une défense de l'identité face aux pressions extérieures.
« Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. »
Source : L’Art poétique, 1674 · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase figure dans L’Art poétique (1674) et est attribuée de façon fiable à Nicolas Boileau‑Despréaux.
Boileau affirme que la lucidité de la pensée façonne la qualité du style : quand l’idée est nette, les mots viennent d’eux‑mêmes. C’est une règle pratique du classicisme français, qui met l’ordre et la raison avant l’ornement. La ligne vient de L’Art poétique (1674).