Citations : Jugement social
4 citations sur ce thème, chacune avec sa source et son éclairage
Les citations
« Ne pas rire, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre. »
Source : Tractatus politicus, Introduction (1677) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La formule latine apparaît dans l’introduction du Tractatus politicus de Spinoza et y est présentée comme sa méthode.
- Ce qui reste incertain
- La citation est vérifiée mais connaît de nombreuses paraphrases en anglais et d’attributions erronées à d’autres ouvrages de Spinoza.
Spinoza propose une méthode intellectuelle : au lieu de se moquer, de s’indigner ou de maudire, il invite à expliquer les actions humaines par leurs causes. Cette attitude, formulée dans l’introduction du Tractatus politicus, sert sa démarche rationnelle et déterministe.
« Lorsqu’un homme vous prend pour un imbécile, il est parfois bon de lui rappeler que vous savez ce qu’il sait, mais que vous avez choisi de passer pour un ignorant afin de préserver la paix »
Source : Arrow of God, 1964 · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase provient du roman Arrow of God de Chinua Achebe, publié en 1964.
- Ce qui reste incertain
- La formulation souvent citée diffère légèrement du texte d’origine : le roman emploie « a fool » là où des reprises ajoutent « are ». Rien n’indique une source différente.
Achebe suggère ici une tactique sociale : savoir plus que l’autre et choisir de ne pas le montrer pour préserver la paix collective. Dans Arrow of God, ce geste n’est pas lâcheté mais stratégie relationnelle, un déplacement de l’orgueil au jugement pour protéger l’équilibre communautaire.
« L’enfer, c’est les autres. »
Source : Huis clos, dernière réplique (1944) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase figure dans la pièce Huis clos de Jean‑Paul Sartre et est prononcée par le personnage Garcin lors de l’échange final.
Sartre condense ici une idée lourde : l’enfer n’est pas un lieu de flammes mais la situation où l’on devient objet du regard d’autrui, soumis au jugement et à la honte. La phrase vient de Huis clos et clôt la pièce, où trois morts se retrouvent prisonniers les uns des autres. C’est une condamnation de la dépendance aux regards, pas de la vie sociale.
« La plainte de l’individu dépressif, “Rien n’est possible”, ne peut se produire que dans une société qui pense : “Rien n’est impossible”. »
Source : The Burnout Society (English translation by Erik Butler), 2015 · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase figure dans l’édition anglaise traduite par Erik Butler de The Burnout Society et est attribuée à Byung‑Chul Han.
- Ce qui reste incertain
- Le passage est issu de l’ouvrage original en allemand (Müdigkeitsgesellschaft) ; la formulation citée ici provient de la traduction anglaise et non d’un texte rédigé en anglais par Han.
Han montre le paradoxe d’une époque qui promet l’impossible et produit pourtant la négation : quand la société exige que tout soit réalisable, l’échec devient intime et conduit à l’épuisement psychologique. Cette phrase provient d’un de ses essais sur la fatigue sociale et la pression à la performance.