Aller au contenu principal

« L’enfer, c’est les autres. »

— Jean-Paul Sartre · 1905 – 1980

Source : Huis clos, dernière réplique (1944) · Vérifier la source

Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
Ce qui est documenté
La phrase figure dans la pièce Huis clos de Jean‑Paul Sartre et est prononcée par le personnage Garcin lors de l’échange final.

Comprendre la citation

Sartre condense ici une idée lourde : l’enfer n’est pas un lieu de flammes mais la situation où l’on devient objet du regard d’autrui, soumis au jugement et à la honte. La phrase vient de Huis clos et clôt la pièce, où trois morts se retrouvent prisonniers les uns des autres. C’est une condamnation de la dépendance aux regards, pas de la vie sociale.

L’anecdote

La phrase apparaît dans la toute dernière réplique de Huis clos. Elle est prononcée par Garcin et, depuis, est devenue l’une des formules les plus citées du XXᵉ siècle.

Pour aller plus loin

L’époque
En 1944, en pleine Seconde Guerre mondiale et Occupation, Sartre écrit une pièce sur l’enfermement moral et social.
La pensée
Sartre décrit comment la présence d’autrui peut nous figer en objet, réduire notre liberté et nous imposer une identité. En pratique : la liberté authentique suppose de ne pas être défini uniquement par le regard d’un autre.
Le mot clé
Regard d’autrui : la façon dont les autres nous voient et nous réduisent parfois à une image fixe.
Ils l’ont citée
La formule a traversé la culture populaire : théâtre, essais et commentaires philosophiques la reprennent souvent comme aphorisme emblématique.

Trois défis pour la vivre

Dans l’app, vous choisissez celui qui colle à votre journée, et le soir, vous dites comment il s’est passé.

  1. Écrivez aujourd'hui une lettre de 250 mots à une personne dont le regard a donné l'impression de vous réduire à une image ; décrivez ce que cela a provoqué puis pliez ou déchirez la lettre.

    Sartre parle du regard qui fige ; écrire la scène permet d'objectiver l'expérience, de nommer la honte et de reprendre une part de liberté en la mettant sur papier.

  2. Faites aujourd'hui une pause de 10 minutes : asseyez-vous face à une fenêtre, observez sans juger tout ce que votre corps dit quand vous imaginez le regard d'autrui.

    La phrase de Sartre pointe la tension interne créée par le regard d'autrui ; la pause attentive permet d'entendre sensations et émotions et de séparer le corps vivant de l'image projetée.

  3. Demandez aujourd'hui à une personne de confiance un retour sur la façon dont elle vous perçoit ; écoutez 5 minutes sans vous défendre et notez ce qui surprend.

    Sartre montre l'effet coercitif du regard ; un échange honnête et sans défense aide à confronter l'image assignée et à retrouver une perspective partagée plutôt que subie.

En quoi craignez-vous d’être défini par le regard des autres ?

Signaler une erreur

Une attribution, une source ou une traduction vous semble fausse ? Dites-le-nous : chaque signalement est lu, et la fiche est corrigée si besoin.

Votre message nous parvient par e-mail ; votre adresse ne sert qu’à vous répondre. Confidentialité.

Thèmes

Toutes les citations de Jean-Paul Sartre →