Citations : Psychologie
La psychologie ici explorée interroge comment nous construisons sens et réponse face aux autres et aux événements. Maslow alerte sur les outils cognitifs qui déforment la perception, Adler rappelle que ce sont nos significations qui forgent notre identité, et Sartre met en lumière la difficulté d’être avec autrui.
Le fil qui traverse ces voix oppose jugement et compréhension : Épictète souligne la puissance des jugements, Spinoza et Rogers proposent l’effort d’entendre sans condamner. La page invite donc à considérer la curiosité empathique comme un acte réflexif, capable d’éclairer et parfois de guérir les relations humaines.
7 citations sur ce thème, chacune avec sa source et son éclairage
Les citations
« Si le seul outil dont vous disposez est un marteau, vous avez tendance à voir chaque problème comme un clou. »
Source : « The Psychology of Science: A Reconnaissance, 1966 » · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase figure dans The Psychology of Science : A Reconnaissance (1966) de Maslow ; la formulation courante est une paraphrase de sa phrase bien attestée.
Maslow met en garde contre la tentation de résoudre chaque problème avec l’outil que l’on maîtrise le mieux : c’est une critique des sciences et des professions qui privilégient une méthode sur le sujet lui‑même. La phrase vient de son essai sur la pratique scientifique et incite à adapter l’outil au problème plutôt que l’inverse. Elle synthétise un biais cognitif pratique.
« Ne pas rire, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre. »
Source : Tractatus politicus, Introduction (1677) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La formule latine apparaît dans l’introduction du Tractatus politicus de Spinoza et y est présentée comme sa méthode.
- Ce qui reste incertain
- La citation est vérifiée mais connaît de nombreuses paraphrases en anglais et d’attributions erronées à d’autres ouvrages de Spinoza.
Spinoza propose une méthode intellectuelle : au lieu de se moquer, de s’indigner ou de maudire, il invite à expliquer les actions humaines par leurs causes. Cette attitude, formulée dans l’introduction du Tractatus politicus, sert sa démarche rationnelle et déterministe.
« Les gens feront n’importe quoi, aussi absurde soit-il, pour éviter d’affronter leur propre âme. Ils pratiqueront le yoga indien et tous ses exercices, observeront un régime alimentaire strict, étudieront la littérature du monde entier — tout cela parce qu’ils ne peuvent pas s’entendre avec eux-mêmes et n’ont pas la moindre foi en la possibilité que quelque chose d’utile puisse jamais surgir de leur propre âme. »
Source : Psychologie et alchimie, t. XII, §126 (1944/1953) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- Le passage est tiré de Psychologie et alchimie (Collected Works vol. XII), paragraphe 126, et figure dans les éditions standards des œuvres de Jung.
Jung fustige la fuite intérieure : les routines spirituelles, régimes et études deviennent des pansements quand on refuse d’explorer sa vie psychique. Cette phrase vient de Psychologie et alchimie, où il montre que l’âme exige confrontation, non accumulation d’outils extérieurs.
« Lorsque l’autre souffre, est désorienté, bouleversé, anxieux, aliéné, terrorisé, ou lorsqu’il doute de sa propre valeur et s’interroge sur son identité, c’est de compréhension qu’il a besoin. La compagnie douce et sensible d’une attitude empathique… apporte lumière et guérison. Dans de telles situations, je crois que la compréhension profonde est le cadeau le plus précieux que l’on puisse offrir à autrui. »
Source : A Way of Being, pp. 160–161 (1980) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase figure dans l’essai « Empathic : An Unappreciated Way of Being » publié dans A Way of Being ; la citation correspond aux pp. 160–161.
Rogers affirme que la guérison naît souvent d’une compréhension vraie et présente : quand quelqu’un est perdu, effrayé ou doute de sa valeur, ce dont il a le plus besoin, c’est d’être accueilli par une attention empathique qui éclaire et aide à retrouver une cohérence intérieure. La phrase provient de son essai tardif sur l’empathie. Elle situe l’écoute comme un acte relationnel et thérapeutique.
« Les significations ne sont pas déterminées par les situations, mais nous nous déterminons nous-mêmes par les significations que nous attribuons aux situations. »
Source : What Life Should Mean to You, p. 14 (traduction anglaise) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase correspond à une formulation attestée dans What Life Should Mean to You, citée à la p. 14 des éditions anglaises.
Adler rappelle que les événements n'imposent pas leur sens : c'est votre interprétation qui construit qui vous êtes et oriente vos actes. Cette idée, formulée dans What Life Should Mean to You, défend l'autodétermination plutôt que le déterminisme strict. Elle place le sens au cœur de la responsabilité personnelle.
« L’enfer, c’est les autres. »
Source : Huis clos, dernière réplique (1944) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La phrase figure dans la pièce Huis clos de Jean‑Paul Sartre et est prononcée par le personnage Garcin lors de l’échange final.
Sartre condense ici une idée lourde : l’enfer n’est pas un lieu de flammes mais la situation où l’on devient objet du regard d’autrui, soumis au jugement et à la honte. La phrase vient de Huis clos et clôt la pièce, où trois morts se retrouvent prisonniers les uns des autres. C’est une condamnation de la dépendance aux regards, pas de la vie sociale.
« Ce ne sont pas les choses qui nous troublent, mais les jugements que nous portons sur les choses. »
Source : Manuel, V (IIe s.) · Vérifier la source
Attribution vérifiéeCe qu’on en sait
- Ce qui est documenté
- La formule figure au paragraphe 5 du Manuel (Enchiridion), compilation des enseignements d'Epictète réalisée par son élève Arrian.
Epictète rappelle que la source du trouble n'est pas l'événement, mais l'histoire que vous vous faites à son sujet. Cette idée pratique, au cœur du Manuel, vous rend responsable de vos réactions — non des faits extérieurs — et propose un chemin vers la tranquillité en disciplinant le jugement.